Par Madame Marie Lacoursière en collaboration avec monsieur Stéphane Labrecque, Directeur de la formation continue et des Services internationaux du Cégep de l’Abitibi- Témiscaminque.
Depuis 30 ans, le Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, si étonnant par son audace et son succès, a su conserver sa dimension d’événement international tout en se faisant le miroir d’une région où il fait bon vivre et où la population est réputée pour son accueil, sa chaleur et son enthousiasme. Il n'est cependant pas le seul. Le Festival de musique émergente comme le Festival des guitares du monde se distinguent et s’affichent également comme des événements de premier niveau. Si les mélomanes et les festivaliers peuvent entendre leurs artistes de la relève, ils ont également accès à des vedettes de calibre international qui font vibrer dans la ville les plus belles musiques du monde.

Les échanges établis par le Portail du réseau collégial avec monsieur Stéphane Labrecque, Directeur de la formation continue et des Services internationaux du Cégep de l’Abitibi- Témiscaminque témoignent eux aussi d’audace et de détermination. Au "service de la formation continue/services internationaux" de ce Cégep, on met tout en œuvre afin d’offrir des solutions de formation pour la population adulte, les entreprises de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec, mais également pour une clientèle internationale, et ce dans un climat d’ouverture et de respect. Les résultats sont saisissants.
Un service de formation continue ouvert sur le monde
De par sa vision et sa mission, la Direction de la "Formation continue/Services internationaux" du cégep de l’Abitibi -Témiscaminque, maintient son lien d’appartenance au milieu en proposant des réponses éducatives adaptées en stimulant également son ouverture sur le monde. Fondé en 1967, le cégep accueille annuellement plus de 2 750 étudiants. Un bon nombre d’adultes s'inscrivent à des activités de formation continue dans le cadre d’un perfectionnement ou à la recherche de nouvelles qualifications. Le Cégep offre ses services de formation continue dans trois campus, à savoir Rouyn-Noranda, Val-d’Or, et Amos ainsi qu’aux centres de Ville-Marie et La Sarre.
L’international
La Direction de la formation continue et des services internationaux est, depuis une quinzaine d’années, fortement engagée dans l’évaluation des besoins de formation de travailleurs et de superviseurs en contexte minier, ainsi que dans l’élaboration de plans de formation par compétences qui leur sont destinés. Toutes ses activités se font en suivant l’approche dite «par compétences». Entre autres, le Cégep peut dispenser de la formation FMS (formation modulaire du superviseur minier). Aussi, l’approche prônée à l’international s’inscrit dans une démarche orientée vers l’expérience - client qui teinte le service aux entreprises offert autant en région qu’à l’étranger.

Réalisations
Le Cégep a à son actif des interventions importantes au Canada, en Afrique [Guinée-Conakry (1999-2001), Mozambique (2009-actuel)], en Amérique latine [Chili : une quinzaine de programmes par compétences, et Pérou : Projet PPCC sur les programmes miniers].
Pour en savoir plus
L’international à travers le service aux entreprises.
Grâce à la spécialisation du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue dans la formation technique de niveau supérieur, à son rapprochement avec le milieu de travail et à son expertise en matière de conception de programmes par compétences, le Cégep dispose d’une équipe de formation hautement compétente. Sa proximité du monde minier lui a d’ailleurs permis de réaliser récemment deux projets majeurs de formation en « Instrumentation et automatisation » et en « Maintenance industrielle » pour les entreprises minières Xstrata Nickel en Nouvelle-Calédonie, pour son personnel du projet Koniambo, ainsi que pour l’entreprise Sherritt pour son projet Ambatovy à Madagascar. Dans les deux cas, plus de 75 étudiants stagiaires ont été formés à Rouyn-Noranda sur une période de plus d’un an. Deux nouvelles cohortes en Maintenance industrielle (Planificateurs) et en Électronique industrielle ont débuté en 2010 toujours avec Koniambo Nickel.
Domaines d’intervention
Des travailleurs miniers en Nouvelle-Calédonie et à Madagascar (2008-2010) ont été formés dans le cadre de programmes de formation mis de l’avant par le service de formation continue. Le Cégep compte en fait quatre départements d’enseignement étroitement liés aux besoins du monde minier : Technologie minérale, Maintenance industrielle, Électronique industrielle et Technologie du Génie civil. Dans ses interventions auprès des entreprises, il peut en outre s’appuyer sur un réservoir très large de ressources professionnelles, notamment en matière d’informatique, de comptabilité et de gestion financière, de gestion des ressources humaines, de psychologie, de langues modernes et de communication.
Une démarche coopérative

Le Cégep entretient des liens étroits avec les entreprises de sa région, mais aussi à l’international. Dans ce dernier cas, l’institution maintient des accords de coopération avec le Centre technologique minier (CETEMIN) de Lima au Pérou, le Centre Minier International Benjamin Teplizky de Copiapó au Chili, les Universités technologiques Xicotepec et Puebla au Mexique, l’Instituto Federal Minas Gerais au Brésil, l’Instituto Médio de Geologia e Minas de Moatize au Mozambique et l’INEFP de Tete (également au Mozambique).
Une équipe de conseillers en formation proactifs
À ce jour, le Cégep fournit ou a fourni des services de consultation, formation et qualification en République de Guinée (Afrique de l'Ouest), au Pérou, au Chili et au Mexique. En Guinée, le Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue a fourni le support pour le développement de deux programmes de formation techniques pour l'industrie minière : un programme d'Exploitation de mines et un programme de Mécanicien de machinerie lourde, développés en équipe avec l'entreprise « la Compagnie des Bauxites de Guinée » et le Ministère de l'Éducation de ce pays. Le Cégep a aussi effectué, en Guinée, l'évaluation des compétences des travailleurs de l'entreprise CBG et conçu des modules de qualification pertinents (18 programmes par compétences).
Au Pérou, le Cégep a conduit un projet majeur d’une durée de 5 ans pour appuyer la création d'un Centre de Formation technique (www.cetemin.com) à la Corcona et à La Quinua près de la région minière Cerro de Pasco. Ce projet financé par l’ACDI a permis au Centre d’augmenter sa capacité institutionnelle et l’unicité de l’enseignement qui y est dispensé. Cette école s’adresse aux futurs jeunes travailleurs miniers qui ont parfois des ressources financières très limitées.
Des experts en conception de formation sur mesure
Au Chili, le Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue a travaillé en équipe avec l’ACCC (Association des collèges communautaires canadiens) dont il est un membre actif et le Centro Internacional minero Benjamín Teplizky pour concevoir deux programmes de formation technique : un programme de Mécanicien industriel et un programme de machinerie lourde, tous les deux par compétences (1998-2006). Il a aussi développé des instruments d'évaluation des deux programmes mentionnés et deux programmes en Instrumentation et en maintenance électrique. Il a en outre développé des instruments d'évaluation des compétences acquises par les élèves.
Des développeurs de contenu
Toujours au Chili, le Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue a travaillé avec Cégep International, encore une fois dont il est membre, et INACAP Calama, pour développer le programme de Technicien de niveau supérieur en opération minières. Le Cégep a aussi travaillé étroitement avec l'Université Technique Federico Santa María de Viña del mar, IPROSEC à Osorno, les universités technologiques de Talca, Temuco, Concepción, La Serena, Valparaiso, Antofagasta, etc. En 2009, le Cégep a été choisi pour former plus d’une centaine de coordonnateurs de programmes techniques selon l’approche par compétence au Mexique. Ce projet était piloté par la coordination générale des universités technologiques mexicaines.
Les échanges étudiants : un enrichissement de connaissances

Le Cégep a signé des protocoles d’échanges d'étudiants et d’enseignants avec des institutions du Mexique, du Pérou, du Chili, du Brésil et de la France. Depuis 2003, plus d’une quinzaine d’étudiants d’ici ont eu la chance d’aller poursuivre leur formation dans ces différents pays, soit pour y suivre des cours dans le cadre de leur cheminement académique ou encore, pour y effectuer un court stage. Dans le même ordre d’idée, le Cégep a accueilli via la FCSI au moins 25 personnes provenant de ces endroits en tant que stagiaires et plus de 50 étudiants et enseignants qui viennent y parfaire leurs connaissances.
Des expériences d’enseignement créatives à l’étranger
Dans le cadre des différents projets, plus d’une vingtaine d’enseignants et de membres du personnel ont été mobilisés, vivant ainsi des expériences de formation et d’accompagnement hors du commun. Valorisés par cet ajout à leur bagage de connaissances, il arrive même qu’ils reviennent avec une expertise développée dans leur domaine d’enseignement et dans leur approche pédagogique. La plupart des missions réalisées étaient en lien avec les domaines d'Électro et de Maintenance reliés à une clientèle issue du monde minier. Parallèlement, d’autres possibilités se sont présentées et ont donné lieu à des projets créatifs impliquant différents départements du Cégep. En voici quelques exemples :
- Alors qu’une enseignante en Arts et lettres supervisait un étudiant dans son stage en cinéma, elle a aussi donné des conférences sur l’égalité entre les sexes dans le monde minier.
- Un enseignant spécialisé en marketing relié au département de Technique de Comptabilité et Gestion a introduit un programme d’administration en entreprise agrémenté d'une spécialisation à l’exportation.
- Un enseignant en Psycho a réalisé une étude sur le phénomène assez répandu d’étudiants qui terminent leur éducation secondaire en accusant un manque de connaissances fondamentales et qui ont par le fait même généralement une mauvaise estime d’eux-mêmes.
Faire vivre la volonté et la mission d’éducation à travers le service aux entreprises
Plus récemment, le Cégep a débuté un projet majeur dans le cadre du programme EPE (Éducation pour l’emploi) en Afrique, au Mozambique. L’objectif est d’appuyer deux institutions, l’Instituto Médio de Geologia e Minas de Moatize et l’INEFP de Tete, dans l’élaboration de nouveaux programmes d’étude et dans l’écriture des compétences au niveau national dans le domaine minier et dans certaines disciplines connexes. Le cégep vient aussi de démarrer un projet de formation pour une entreprise minière en Mauritanie, le projet Tasiast de Kinross.
Augmentation des activités internationales
Dans le cadre de son plan stratégique 2011-2016, le Cégep de l’Abitibi Témiscamingue s’est donné comme objectif d’augmenter ses activités internationales. Il veille annuellement à la hausse progressive et comparable du nombre d’étudiants et de stagiaires étrangers dans son établissement. Il aspire à une croissance soutenue du pourcentage annuel des étudiants et des professeurs du Cégep ayant réalisé un stage à l’étranger. Il entend faire croître de façon également soutenue le nombre de projets internationaux de la Formation continue et des services internationaux du Cégep. Pour ce faire, le Cégep entend accentuer le recrutement à l’international dans ses programmes réguliers et en formation continue, augmenter le rayonnement du Collège à l’international dans ses créneaux d’expertise et favoriser des stages à l’étranger pour ses étudiants et son personnel.
Le projet éducatif du Cégep de l’Abitibi Témiscamingue s’appuie sur trois pivots complémentaires : celui de ses valeurs fondamentales, des attitudes qui accompagnent ces valeurs et le pivot des compétences que le Cégep s’engage à développer. Dans le milieu, le projet inspire directement les plans de travail annuels et les actions quotidiennes de chacun des services du Cégep. Il sert de guide pour établir la pertinence des objectifs de chacun des programmes et de chacun des services, tout comme il sert à mesurer la contribution de chacun à la réalisation de la mission du Cégep. Cela explique sans doute, le dynamisme qu’on y retrouve et qui en fait un établissement ouvert sur le monde.