Nouvelles
Pour la démocratie, nous exigeons de la hauteur dans cette campagne électorale

Isabelle Morin, autrice du livre Ma vie de cégep confidences et réflexions d’une prof et animatrice du balado Paroles de Gen Z
Après une première semaine de campagne électorale où nous sommes déjà bombardés d’informations, de promesses, de données, d’opinions, je réclame de vous, chers aspirants premier ministre, de la hauteur !
Pas celle qui donne le vertige et l’irrésistible besoin de s’éloigner, de reculer, d’aller vers le chemin qui sécurise. Je vous parle de la hauteur qui permet de voir loin, de voir grand, qui donne envie de l’aventure, le désir d’aller plus en profondeur sans avoir peur, sans les habits désespérants du cynisme.
En ces temps de politique spectacle où la phrase « punchée » est la norme et doit devenir virale sur internet. Il faut bien du courage et de l’audace pour résister au chant des sirènes des clics en grand nombre ! Les jeux de mots avec les noms, les raccourcis juvéniles à des enjeux complexes, les « eux » sont ceci, sont cela, les reformulations abusives pour détourner les attentions, j’en veux plus ! Nous en voulons plus ! La démocratie en mérite mieux !
Penser aux générations futures
La hauteur c’est de proposer des pistes de solutions aux défis actuels avec comme toile de fond les générations futures. C’est d’abord fonder sa lecture des problématiques sociales, économiques, environnementales sur les assises de la science, sur les connaissances empiriques pour ensuite formuler des propositions : pas des promesses de fin de soirées arrosées, mais du solide, du tangible, du faisable.
La hauteur c’est de reconnaître la pertinence des idées des autres partis, c’est d’être ouverts à la collaboration comme ce fut le cas pour le dossier fondamental et délicat de l’aide médicale à mourir !
La hauteur c’est la modestie, c’est la capacité de recevoir la critique sans se sentir menacer, c’est s’adresser à l’intelligence des gens, c’est aborder les enjeux avec délicatesse et bienveillance.
Ne jamais oublier que derrière les chiffres qui brossent des portraits sur l’itinérance, la maladie mentale, le chômage, la crise du logement, l’immigration, pour ne nommer qu’eux, ce sont des humains avec des vécus, des familles, des rêves, des traumatismes, des espoirs et toujours, un besoin de dignité.
Fierté et solidarité
En écrivant, je me dis à quel point je suis fière de vous ! Nonobstant les orientations politiques, de gauche à droite, de fédéralistes à indépendantistes, vous avez le courage de vos convictions ! Vous êtes aussi des humains avec vos failles, vos forces et vos blessures. Le fait de débattre de vos idées, de nous proposer des projets de société est une victoire démocratique en soi. Il faut s’en montrer digne et honorer, tant dans la forme que le contenu, la bataille de nos anciens et le courage de ceux celles qui luttent au prix de leur vie encore aujourd’hui.
À nous, citoyens, préservons-nous du rôle très confortable de gérant d’estrade ! Avant de critiquer, lisons les plateformes politiques, avant de crier au loup écoutons vraiment leurs discours, comparons avec sincérité les diverses propositions en sortant de nos propres chambres d’écho ou de nos besoins respectifs. Tendons vers le « nous », celui qui solidarise, qui fédère aux essentiels du bien commun et moins vers le « je » qui divise, qui isole.
Le défi de la hauteur est pour nous tous et j’espère, de tout mon cœur, pour mes filles, mes petits-enfants, mes jeunes au cégep, pour le peuple que nous sommes, que nous saurons nous élever.
Une prof de cégep exigeante, mais remplie d’espoir,
Isabelle Morin, autrice du livre Ma vie de cégep confidences et réflexions d’une prof et animatrice du balado Paroles de Gen Z
SourceL TVA


