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Le cégep de Baie-Comeau craint les impacts de la réforme de l’immigration

6 novembre 2019  Le cégep de Baie-Comeau souhaite fortement que le nombre de drapeaux de pays étrangers qui flottent sur son terrain ne diminue pas en raison du resserrement des règles du programme Expérience Québec.

Au cégep de Baie-Comeau, on est loin d’applaudir la réforme de l’immigration du gouvernement Legault, qui impose de nouvelles restrictions au programme Expérience Québec (PEQ). L’établissement appréhende ainsi une baisse de clientèle et craint même une éventuelle disparition de certains programmes d’enseignement.

 Photo de Steeve Paradis par Steeve Paradis

Trois programmes sont particulièrement touchés par cette réforme du PEQ, soit Techniques d’aménagement cynégétique et halieutique, nommé TACH par les habitués, Technologie forestière et Techniques de comptabilité et de gestion.

La réforme fait en sorte que les étudiants qui ne sont pas dans les programmes visés n’auront plus droit au traitement accéléré de leur certificat de sélection du Québec, un document nécessaire pour pouvoir immigrer au Canada. Auparavant, tous les étudiants y avaient droit. Le gouvernement a toutefois affirmé mercredi que les étudiants déjà inscrits au Québec auront un droit acquis.

« Le recul de (mercredi) matin sécurise tout le monde ici, mais les nouvelles règles nous compliquent drôlement la vie », a fait valoir le directeur général du cégep, Claude Montigny. « La réforme touche les programmes où on a le plus d’étudiants internationaux. »

En effet, en TACH, 55 des 121 étudiants proviennent de l’étranger, soit 45 %. Cette proportion s’élève à 55 % en technologie forestière, soit 21 étudiants sur 38, et de 22 % en techniques de comptabilité et de gestion (5 sur 23).

Sur 621 étudiants présentement inscrits au cégep, on en compte une centaine en provenance d’un pays étranger.

Un non-sens

Selon M. Montigny, il est « complètement faux » d’affirmer que les étudiants en dehors des programmes ciblés ne répondent pas aux besoins du marché du travail, comme l’a laissé entendre le premier ministre François Legault. C’est à son avis un non-sens.

« Actuellement, en technologie forestière, on n’est pas capable de combler tous les besoins du marché. On ne fournit pas, on s’arrache nos étudiants. C’est la même chose en TACH », de lancer le dirigeant. Rappelons d’ailleurs que le programme de technologie forestière a été mis sur la glace durant quelques années au cégep, faute d’étudiants, mais le recrutement international l’a relancé de belle façon.

« Tous les étudiants internationaux qui sont passés par le cégep sont en emploi, et majoritairement en région », d’enchaîner M. Montigny. « On a le pire bilan migratoire au Québec ici, particulièrement dans la tranche d’âge des étudiants. Ça nous pose plusieurs défis depuis plusieurs années et c’est pour ça qu’on a mis l’accent sur le recrutement international et on a du succès », a-t-il ajouté.

L’établissement collégial a prévu faire des missions de recrutement en France en décembre, janvier et février. « Ça ne remet pas en cause ces missions, mais il faudra maintenant voir quel genre d’argumentaire on va pouvoir tenir pour recruter. On garde toutefois espoir que le gouvernement recule plus que ça dans ce dossier. »

Claude Montigny indique en terminant que le député Martin Ouellet et la Fédération des cégeps, notamment, font des représentations pour que Québec fasse marche arrière et revienne aux précédentes exigences du PEQ. « On ne lâchera sûrement pas, car il y de nombreux emplois disponibles dans les programmes touchés », a-t-il conclu.

 

 



 
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