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Cégep de Rivière-du-Loup

Transformer les résidus de bois abandonnés en énergie

Produire de l’énergie verte et du fertilisant à partir de résidus de bois abandonnés, c’est ce à quoi sont parvenus des scientifiques du Cégep de Rivière-du-Loup et de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) à l’aide de la biométhanisation.

Par Andréanne Lebel, Radio-Canada 

Leurs recherches ont pour le moment été menées en laboratoire, mais pourraient éventuellement être déployées à plus grande échelle.

Au Québec, la transformation du bois génère une grande quantité de résidus organiques. Lorsque ces matières délaissées se dégradent dans l’environnement, elles émettent des gaz à effet de serre.

Elles génèrent aussi des lixiviats qui peuvent contaminer les cours d’eau tout en générant des odeurs désagréables aux alentours pour la communauté, explique la chercheuse du Groupe de recherche en environnement et biotechnologique (GREB) au Cégep de Rivière-du-Loup, Zaineb Dhaouefi.

Selon elle, cette source de carbone peut être revalorisée en l’ajoutant à d’autres intrants pour améliorer la stabilité des systèmes de biométhanisation et optimiser leur rendement énergétique.

Qu'est-ce que la biométhanisation?

La biométhanisation est un processus biologique de décomposition des déchets organiques. Ces déchets sont déposés dans des biodigesteurs, et sont digérés par des micro-organismes dans un environnement sans oxygène. Ce procédé génère du biogaz et du digestat, un résidu solide.

Dans le cadre de ses recherches, l’équipe du GREB du Cégep de Rivière-du-Loup a analysé le potentiel énergétique de huit matières résiduelles organiques : des déchets de bois, de la sciure de résineux et de feuillus, de l’écorce de pin fraîche et décomposée, des feuilles et des déchets de jardin décomposés, des déchets alimentaires décomposés et de la poussière de grange vieillie.

Le groupe de chercheurs dans les laboratoires du Cégep de Rivière-du-Loup.1:52

Les scientifiques Zaineb Dhaouefi, Salma Taktek et Habib Horchani du Groupe de recherche en environnement et biotechnologie du Cégep de Rivière-du-Loup.

Photo : Radio-Canada / Andréanne Lebel

Les échantillons ont été broyés et placés dans un digesteur sans oxygène à 55 °C pendant 25 jours, avec les micro-organismes provenant de l’usine de biométhanisation de la SEMER à Rivière-du-Loup. Le biogaz produit a été recueilli dans des sacs individuels disposés sur chacun des bioréacteurs.

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L’écorce de pin fraîche est la matière qui a révélé avoir le meilleur potentiel pour produire du méthane lors de l’étude menée par les chercheurs du GREB et de l’UQAT. Les déchets alimentaires décomposés ont enregistré le potentiel le plus faible.

D’après le chercheur principal du GREB, Habib Horchani, le méthane produit lors de cette étude est de bonne qualité, tout comme le fertilisant obtenu au terme de la biométhanisation des différents échantillons analysés.

Ce digestat – ce qu’il reste, à part le méthane, au terme du processus de biométhanisation – se montre riche en azote, en phosphore et en potassium, des nutriments essentiels pour enrichir les sols agricoles. Il n'y a pas d'éléments chimiques, pas de bactéries pathogènes et pas de corps étrangers, précise Habib Horchani.

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